Une intéressante analyse géopolitique de l'Euro 2008
Analyse géopolitique de l'Euro (article extrait de l'Equipe.fr)
Dans une tribune jeudi à Libération, le spécialiste des relations internationales (et fan de football) Pascal Boniface, propose une passionnante lecture «géopolitique du ballon rond», après l'Euro remporté par l'Espagne, un pays qui «à l'image de son équipe de football, va de l'avant». Le directeur de l'IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques) relève notamment que l'Espagne est «très active sur le plan diplomatique dans le domaine euroméditerranéen ou pour ce qui est du dialogue des civilisations» et «sert de pont entre l'Europe et l'Amérique latine à l'image de son milieu défensif Marcos Senna, premier joueur d'origine latino-américaine à gagner l'Euro».

Du finaliste, l'Allemagne, Pascal Boniface observe que son bon parcours «marque son retour en Europe tant dans le domaine footballistique que dans le domaine politique» après une réunification «enfin digérée», notre voisin se distinguant par «un patriotisme doux, mais mobilisateur et unificateur mêlant Allemands de l'Ouest et de l'Est». L'auteur de "L'Atlas du monde global" (Armand Collin) s'intéresse aussi aux demi-finalistes russe et turc qui auraient pu offrir «une finale 100 % hors Union européenne» s'ils avaient franchi le dernier obstacle.
« Le football rapproche les peuples »
La Russie ? «Sur le plan international, elle se fait de nouveau respecter après les années d'humiliation et de recul stratégique avec Eltsine. Sur le plan du football, son équipe fait peur aux adversaires et séduit les amateurs de beau jeu». «Quant à la Turquie, poursuit Pascal Boniface, elle a voulu répondre à ceux qui doutent que sa place soit en Europe. (...) Sa demi-finale contre l'Allemagne a montré que la coopération politique entre les deux pays (l'Allemagne est le meilleur avocat de l'entrée de la Turquie en Europe) se poursuit dans les tribunes car les supporters des deux équipes ont pu fraterniser.» «Preuve que le football permet d'affirmer les identités nationales tout en faisant se rapprocher les peuples», conclut le chercheur.